Discours de Carole Gandon

Soirée de lancement de campagne

Jeudi 12 septembre 2019, 19h30

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Bonsoir Rennes, Chers amis,

Merci. Merci d’être là. Merci de votre présence ici ce soir, salle carrefour 18, dans ce quartier du Blosne qui déborde de vitalité.

Lancer cette campagne municipale ici c’est tout sauf un hasard. Nous voulons montrer qu’à Rennes l’envie de faire ne vit pas seulement dans le centre-ville, dans son cœur historique. Non, à Rennes, l’envie de faire est partout, dans ce quartier du Blosne comme à Villejean, à Beaulieu comme à Bréquigny, à Cleunay, Bourg l’Evêque, Saint-Martin comme à la Poterie. Elle est partout.

Révéler Rennes, c’est d’abord cela. C’est libérer cette énergie comprimée dans chaque quartier, dans chaque rue de notre ville. C’est rendre la parole aux habitants, à tous les habitants.

Révéler Rennes, c’est faire confiance aux seuls vrais experts de la ville parce qu’ils y habitent, parce qu’ils s’y engagent, tout simplement parce qu’ils y vivent : ces experts, ce sont les Rennaises et les Rennais.

Je tiens donc à remercier celles et ceux qui ont accepté de prendre un peu ou beaucoup de leur temps, de leur vie familiale, personnelle, pour préparer cette rencontre, l’animer, témoigner, partager les constats que nous avons posés, offrir des propositions, sans autre volonté que d’être utile. Merci Vincent. Merci Ambroise et Antoine. Merci Cécile, Thierry, Cassandre. Merci Sandrine. Merci Gaëtan.

J’en profite aussi pour remercier d’abord toutes celles et ceux qui m’accompagnent depuis le début, ils se reconnaîtront ; Remercier ensuite toutes celles et ceux qui ont franchi le pas pour nous rejoindre. J’adresse un salut particulier à mon ami Antoine Cressard, que nous sommes très heureux d’accueillir à nos côtés ; un salut amical aussi à Jean-Michel Boucheron, ancien député de Rennes qui est retenu à l’étranger mais qui soutient notre démarche de rassemblement et m’a demandé de vous l’annoncer ici ce soir.

Je remercie enfin ceux d’entre vous qui venez ici en curieux, simples citoyens, soucieux de comprendre qui nous sommes et ce que nous proposons pour notre ville.

Au sein du collectif Révéler Rennes, vous le savez, nous ne sommes pas des professionnels de la politique. Nous voulons servir, contribuer, pour rendre la vie à Rennes plus sereine, plus facile, plus douce.

Je suis comme ces femmes, comme ces hommes qui se sont exprimés il y a quelques instants. Une engagée qui, tout simplement, aime sa ville. Mais qui l’aime, d’un amour exigeant.

Je suis une maman, qui sait les difficultés que l’on peut avoir pour conjuguer dans notre ville, vie personnelle et vie professionnelle, j’ai connu moi aussi, comme nombre d’entre vous, le parcours du combattant pour trouver une place en crèche.

Je suis une entrepreneuse, qui voudrait une ville, une métropole, qui simplifient la vie de celles et ceux qui innovent et prennent des risques, une ville, une métropole, qui mettent en adéquation l’offre de formation avec les besoins réels des entreprises, une ville, une métropole qui valorisent la réussite.

Je suis une femme qui vit sa ville, qui aimerait que rouler à vélo soit plus facile, que les travaux ou la pluie ne perturbent pas les déplacements et que, tard le soir, il soit possible de se promener ou de rentrer chez soi en toute sécu-rité.

Je suis une citoyenne, enfin, qui s’interroge sur le tout-béton, sur la destruction de notre patrimoine opérée au nom de la densification, une citoyenne qui attend une ville plus verte, plus respirable, plus durable.

Ces constats sont vos constats. Ce sont aussi ceux des habitants avec qui nous travaillons depuis plus d’un an. Car notre mouvement vient de loin et il est pourtant si proche des Rennaises et des Rennais.

Depuis des semaines, nous sommes sur le terrain, sur les marchés, dans les rues commerçantes, dans les cafés, sur les places. Depuis des semaines, nous organisons des rencontres, des auditions, des consultations. De ces centaines de conversations, nous retenons une chose :  nos concitoyens ne sont pas satisfaits. On peut faire plus, on peut faire mieux : voilà ce qu’ils nous disent. Non, Rennes n’est pas à la hauteur du potentiel qui est le sien.

Sandrine et Gaëtan ont présenté tout à l’heure les résultats du travail de diagnostic que nous avons mené depuis bientôt un an.

Ce que j’en retiens moi, c’est que là, où pendant des décennies, Rennes était à l’avant-garde, là, où Rennes inspirait les villes de France, parfois d’Europe, aujourd’hui Rennes est restée à quai.

Il fut un temps où Rennes était à l’avant-garde sur le plan des transports. C’était la plus petite ville du monde à accueillir un métro, la première ville de France à mettre en place un système de vélo en autopartage.

Aujourd’hui, nous sommes en retard : pas de plan d’investissement dans des bus propres à haut niveau de services quand toutes les villes s’y sont mises, un réseau de pistes cyclables anecdotique quand on sait que des métropoles comme Lyon en ont construit des centaines de kilomètres, en seulement quelques années, des tarifs d’abonnements aux transports en commun qui grèvent le budget des plus modestes en particulier des étudiants qui n’ont pas tous accès à une bourse et donc à une tarification modérée.

Il fut un temps où Rennes savait libérer les énergies de ses chercheurs, de ses enseignants et de ses étudiants. Rennes ne souffre pas d’une pénurie de talents mais nous courons le risque d’un gâchis des talents.  Aujourd’hui, où est la grande ambition rennaise en matière d’innovation et de technologies de pointe ?

Il fut un temps où Rennes était l’une des premières villes du pays à prendre à bras le corps l’enjeu écologique avec la mise en place d’un plan climat. Aujourd’hui, où est notre action pour dé-bitumer, dé-bétonner et végétaliser la ville ? Où est notre engagement pour faire émerger à Rennes la ville intelligente qui s’appuie sur les nouvelles technologies pour consommer moins d’énergie et réduire notre empreinte carbone ?

Il fut un temps où Rennes créait, non loin d’ici, le centre culturel du Triangle, avec des évènements rassembleurs ouverts sur le quartier, créateurs de lien. Un autre où on confiait à un des plus grands architectes du monde la réalisation des Champs libres.

Il fut un temps où Rennes signifiait pour le monde une avant-garde culturelle et artistique. Où est la reconnaissance nationale et internationale de nos talents qui pourtant méritent de briller et de faire briller Rennes ?

Mes amis,

Je vais vous dire ce que je crois profondément. Notre municipalité s’est assoupie sur le quai. Elle a perdu ce goût de l’audace, ce goût de l’avenir qui était pourtant sa marque de fabrique. Heureusement, les Rennais, eux, ont continué à inventer, à innover, à créer ! J’en rencontre tous les jours : il y a dans nos quartiers des rêveurs, des visionnaires, des innovateurs, des engagés associatifs qui avancent et qui ne demandent qu’à renouer avec cette tradition.

Mais l’accumulation des années de mandat, la professionnalisation politique des équipes en place a émoussé la culture du risque, le parti de l’audace qui, par le passé, faisait la force de notre ville. Comme si celles et ceux qui nous gouvernent avaient oublié, pour citer un écrivain passé par Rennes, Milan KUNDERA, que « la modernité de demain diffère de celle d’aujourd’hui ». Qu’il ne suffit pas de se dire moderne pour l’être.

Mes amis, c’est avec cette modernité, avec cet esprit d’innovation que les pères fondateurs de la ville avaient si bien encouragé que je veux renouer. Je veux retrouver Rennes. Je veux révéler Rennes. Et je vous propose de le faire ensemble.

Notre méthode repose sur deux exigences. Rassemblement et proximité.

Rassemblement parce que nous voulons être le « carrefour », pour reprendre le nom du lieu qui nous accueille, de toutes les bonnes volontés. À Révéler Rennes, on ne vous demandera jamais un brevet de socialisme, d’écologie, de centrisme ou de démocratie chrétienne. Si beaucoup d’entre nous se reconnaissent dans le projet progressiste du Président Macron, nous devons poursuivre le travail de dépassement politique qu’il a lui-même préfiguré. Comme Jean-Yves Le Drian a su fédérer les forces, en transcendant les appartenances pour faire progresser la Bretagne, à Révéler Rennes, nous rassemblons toutes celles et ceux qui veulent pousser les portes et construire l’avenir, notamment quand ils n’ont jamais eu la carte d’un parti.

Pour concrétiser ce projet de rassemblement, je veux prendre devant vous aujourd’hui plusieurs engagements.

Je m’engage à tendre la main à tous : ceux qui ont gagné en 2014 et sont déçus du bilan, ceux qui ont perdu et dont l’envie d’agir est intacte.

Je m’engage à ce qu’au moins 15 de mes colistiers n’appartiennent à aucune formation politique. Je lancerai dès demain un appel aux Rennaises et aux Rennais qui ont envie d’agir mais qui s’autocensurent parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans les pratiques et les clivages anciens.

Je m’engage au dialogue et à la bonne entente avec tous les maires de la Métropole qui, bien souvent, n’ont pas d’étiquette partisane mais qui ont, chevillée au corps, cette volonté de faire que j’évoquais.

Je m’engage à m’appuyer sur les forces vives de ce territoire, les militants associatifs et syndicaux, les entrepreneurs, les commerçants, les enseignants, les universitaires, les professionnels de santé, les étudiants, les agents publics, toutes celles et ceux qui font déjà Rennes et qui veulent donner encore plus à leur ville.

 

Je m’engage à rétablir sur la place publique rennaise un climat de confiance, de liberté de parole et d’action, où plus personne n’a peur de s’engager publiquement quelles que soient ses convictions ; et où le dialogue républicain et la confrontation d’idées sont vus comme féconds.

Je m’engage à redonner à Rennes une place capitale pour la Bretagne car la Bretagne est capitale pour Rennes. De nouveaux équilibres sont à inventer : au sein de notre métropole, à l’échelle du Pays de Rennes, comme de notre département et notre Région ; pour que Rennes retrouve un nouvel élan, sans pénaliser les territoires qui l’entourent, dans un esprit de solidarité, de réciprocité et en adoptant, toujours, une vision globale des enjeux de notre territoire.

Aucun sectarisme donc ! Nous ne nous présentons pas contre quelqu’un ou contre une équipe en place ! Nous nous présentons parce que nous avons une vision pour la ville, un projet qui se nourrit des expertises de chacun et parce que, pour nous, ce projet doit toujours prévaloir sur les personnes. Nous ne sommes pas avec telle ou telle personnalité, aussi illustre soit-elle. Nous sommes pour Rennes !

Rassemblement. Proximité aussi.

Rennes est une métropole européenne, qui compte plus de 400 000 habitants, qui se projette à l’échelle du continent, et dont les entreprises évoluent dans un marché mondial.

Mais précisément parce que Rennes est cela, la puissance publique doit incarner cette proximité rassurante, cette attention aux problèmes concrets de chacun, qui manque tant aujourd’hui.

Je vais vous dire : je ne crois pas que l’on dirige une ville comme Rennes en portant : d’un côté, un projet urbain gigantesque, en coulant des tonnes et des tonnes de béton, et en contrebalançant cette politique par des budgets participatifs cosmétiques.

Non, je crois que l’on dirige une ville comme Rennes en insufflant de la proximité.

Edmond Hervé, jeune universitaire sans expérience politique, élu maire de Rennes à l’âge de 35 ans, l’avait compris. Lui qui créa des mairies annexes, qui créa, dans l’exécutif, des élus en charge des quartiers et une administration de terrain.

Je veux renouer, là encore avec cette ambition. Je veux une équipe municipale proche des gens, de leurs problèmes et de leurs aspirations. Je veux une équipe municipale humaine, humble et disponible. Je veux une équipe municipale présente dans les quartiers, qui va à la rencontre des habitants et des commerçants, qui assume une vraie concertation et qui respecte la parole donnée.

Et pour incarner cette culture de la proximité nous n’attendrons pas d’être élus !

Avant la fin du mois de septembre, nous lancerons une grande marche dans les 12 quartiers de Rennes, j’allais dire les 12 « villages » de Rennes tant chacun d’entre eux a son identité. Nous irons écouter, nous irons comprendre, nous irons proposer.

Cette grande marche rennaise sera un avant-goût de ce que nous voulons faire si les Rennaises et les Rennais nous font confiance.

 

Mes amis,

Je ne serais pas plus longue car j’ai hâte de venir à vous, de descendre de cette estrade pour être parmi vous et partager un verre de l’engagement, qui scellera le lancement officiel de cette campagne que j’espère à notre image : exigeante, imaginative et souriante.

Alors, l’énergie qui est la vôtre, qui est celle des Rennaises et des Rennais doit nous donner de la force. De la force pour bouger Rennes. De la force pour changer Rennes. De la force pour révéler Rennes ! Je vous remercie.

*Seul le prononcé fait foi.