Le confinement a eu comme conséquence malheureuse la pollution des eaux fluviales d’Ille-et-Vilaine[1]. L’alerte a été lancée dès le 1 er avril par le président de la Fédération Départementale de Pêche. En effet, dès le 26 mars, une pollution au fioul avait été détectée dans les eaux de la Vilaine.

L’état de l’eau des rivières en Ille-et-Vilaine est une source de préoccupation constante. Sa pollution a des effets dramatiques sur le littoral, où elles débouchent, sur la biodiversité de ses rives et de ses berges.

Et cette pollution a des effets néfastes sur le quotidien des habitants qui dépendent de cette eau,  notamment les Rennais :

  • Odeur pestilentielle dues à l’évaporation des eaux fluviales lors des périodes fortes chaleurs
  • Baignade interdite, alors même que des plages ont été aménagées à grand frais, à cause des pollutions bactériennes
  • Présence d’algues invasives (égérie dense), liée à un phénomène d’eutrophisation, rendant l’eau impropre à la consommation et à la baignade des riverains et des animaux domestiques

La dépollution de la Vilaine est préalable à tout chantier de valorisation de la Vilaine. Les coûts d’entretien et de maintenance d’installation comme l’aménagement d’un port ou de haltes fluviales pourront être exorbitants, si, chaque année, nous devons lutter contre des algues invasives ou les cyanobactéries.

Les actions de dépollution et de préservation en amont et en aval de la Vilaine sont complémentaires et doivent être menées ensemble, et nécessitent de mettre autour de la table toutes les parties prenantes : organismes de surveillance de la qualité des eaux, fédérations agricoles, collectivités et associations de préservation de l’écosystème, fédération de pêcheurs, association de sports en rivière …

Malgré les apparences, nos territoires sont de plus en plus vulnérables face au manque d’eau. La profusion de cette ressource n’est qu’apparente et trouve de plus en plus de limite face à sa surexploitation :

« Les eaux superficielles, prélevées directement dans ces fleuves et rivières, assurent 80% de l’alimentation en eau potable de la population bretonne. Le reste provient de nombreux captages d’eau souterraine de faible débit. Dès lors, le contact direct de cette ressource en eau potable avec les sources de pollutions potentielles lui confère une grande vulnérabilité. » (source: préfecture d’Ille-et-Vilaine)

Les périodes rapprochées de fortes chaleurs, les baisses de débit des rivières, la diminution de la richesse des écosystèmes appauvrissent notre or bleu.

Pour rappel,

– carte de l’état des sols superficiels en juillet 2019 :

– carte des arrêtés des limitations d’eau le 19 septembre 2019


Et l’été 2020 est annoncé comme étant de nouveau plus chaud et plus sec que les précédents[2].

La collectivité doit donc être partie prenante, à la fois meneuse et actrice, en coordonnant les parties prenantes, et notamment ses administrés, pour permettre des économies d’eau à grande échelle.

Ainsi, trois types d’actions doivent être menés pour compenser les dégradations déjà occasionnées et rétablir une qualité d’eau satisfaisante :

[1] https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/bretagne-confinement-pollution-rivieres-continue-plus-belle-1811812.html

[2] https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/14/climat-le-gouvernement-tente-d-anticiper-un-ete-qui-s-annonce-a-nouveau-plus-chaud-et-plus-sec_6039599_3244.html

1. Diminuer drastiquement la pollution des eaux superficielles

Surveiller et pénaliser le non-respect des lois de rejet de déchets sur les sols bordants la Vilaine : c’est l’une des missions de la « Brigade Verte » que nous proposons de créer. Cette quinzaine d’agents municipaux aura l’autorité pour verbaliser les personnes rejetant leurs déchets dans la Vilaine ou sur des terrains en bordure de Vilaine.  Ces actions seront suivies par une plainte en justice par la Ville de Rennes que ce soit envers des industriels, des agriculteurs ou des individus peu respectueux de la propreté.

Mettre en place un partenariat et une politique de subventions « bonus » pour les associations ayant un impact sur la protection de l’environnement (exemple : les pêcheurs de la Vilaine) en échange de leurs remontées/signalement d’actions sur le terrain en renfort de la Brigade verte.

Soutenir les agriculteurs locaux de la région rennaise (du versant en amont de la vilaine en priorité) à se reconvertir en Bio, en les sollicitant pour la fourniture des cantines de la ville (écoles, restaurants …)

Mettre en place un label BioLocal pour identifier les restaurateurs s’approvisionnant auprès de ces agriculteurs locaux bio ou ayant mis en place des mesures d’économie d’énergie ou d’utilisation d’énergies « vertes » méthanisation, solaire, traitement ou valorisation des déchets…

2. Nettoyer

S’accorder avec les communes du Versant de la Vilaine pour mettre en place un aménagement permettant un « filtrage » /nettoyage des eaux grâce à la mise en place de talus, haies, bocages, …

Etudier de concert également avec les communes amonts, et participer à l’aménagement de zone tampons et de lagunage plus importantes afin d’augmenter les zones de « dépollution » des eaux se jetant dans la Vilaine.

Identifier et étudier potentiellement de nouvelles solutions issues des dernières recherches en cours et adaptables aux contraintes environnementales de la Vilaine (inondations, …) pour la nettoyer/dépolluer/déseutrophiser naturellement

3. Economiser

Mettre en place une meilleure gestion de l’eau de la ville[1], en réalisant un diagnostic de l’état des canalisations :

  • pour identifier les potentielles fuites et pertes à réparer
  • améliorer leur qualité matérielle et sanitaire

Offrir des régulateurs de débits des robinets ou économiseurs d’eau aux citoyens, pour les sensibiliser aux économies d’eau, avec une action complémentaire auprès des bailleurs sociaux et des copropriétés du parc privé.

Interdire l’usage et la vente de gobelets et bouteilles d’eau en plastiques pendant les manifestations et sur les lieux « publics » – musées, théâtre, salles de concert, …

Optimiser l’utilisation des eaux dites usées pour l’arrosage des plantes dans les parcs.

Autant de pistes que le collectif Révéler Rennes verse au débat, afin d’accélérer le sursaut collectif en faveur d’une meilleure protection de notre patrimoine naturel et de notre cadre de vie. L’écologie en actes !

[1] en optimisant notamment l’utilisation des eaux dites usées pour l’arrosage des plantes dans les parcs

Autant de pistes que le collectif Révéler Rennes verse au débat, afin d’accélérer le sursaut collectif en faveur d’une meilleure protection de notre patrimoine naturel et de notre cadre de vie. L’écologie en actes !