Dans un récent tweet publié le 4 juin, Matthieu Theurier, candidat EELV à la mairie de Rennes et désormais colistier de l’actuelle maire de la ville, affichait clairement son soutien  aux propos tenus par Virginie Despentes rédigés au titre d’une « Lettre à mes amis blancs », mêlant des touches de racialisme et d’indigénisme.

Aujourd’hui, la dégradation de notre planète à cause d’activités humaines et commerciales néfastes a fait germer une conscience environnementale collective qui transcende les frontières du champ politique traditionnel. Face à l’urgence climatique, le mouvement écologiste s’est en effet peu à peu emparé de tous, de la jeunesse aux plus fervents climato sceptiques. Ainsi, de telles prises de position nous laissent entrevoir que faire le choix de voter pour une liste arborant les bannières écologistes n’est pas uniquement faire le choix de la légitime protection de notre environnement, mais aussi celui soutenir implicitement des projets d’organisation sociétale contraires à nos valeurs.

En effet, ces théories, loin de rapprocher les individus, tendent à dissiper les légitimes combats sociaux au profit de luttes sociétales enclines à nous diviser et à nous éloigner les uns des autres. Les Rennais, de par leur histoire, ont su se construire sur un socle de valeurs progressistes de tolérance, d’ouverture et de raison communes. Ce fut le cas lorsque des combats avant-gardistes y furent menés, comme la lutte pour l’abolition de la peine de mort.  Ainsi, tandis que nous nous sommes battus par le passé pour certains acquis sociétaux, nous redoutons de les perdre, si laissés entre les mains de partisans de telles revendications.

Nous pensons donc que le temps est venu de faire tomber le masque vert, et demandons un débat citoyen relatif à ces sujets d’importance capitale. Certes nous sommes opposés politiquement à la maire sortante, mais notre combat pour la tolérance et la laïcité dépasse nos divergences politiques et se hisse au niveau de la lutte pour tous les acquis fondamentaux qui forment ensemble la spécificité de notre remarquable capacité rennaise à vivre ensemble.

Texte co-signé par Philippe Collin et Carole Gandon