Résumé :

Le « déconfinement » est une invitation à redécouvrir la ville à travers ce qui, en la qualifiant, la différencie : son patrimoine. Loin d’être désuet, il est, si entretenu et mis en valeur, un pilier du tourisme. Encore faut-il l’entretenir, le faire vivre, et ne pas prendre à la légère ses édifices symboles, mais les valoriser, ce que propose « Révéler Rennes ».

En ce temps difficile, après ce moment où notre horizon était celui du kilomètre, s’ouvre celui d’une possible réappropriation des espaces que, bien que familiers, nous redécouvrons.

Ainsi, malgré les vicissitudes qu’il nous faut affronter, nous pouvons « goûter » la ville : la patine des pans de bois striés ou sculptés, la solidité du granit alliée à la douceur du tuffeau, l’élégance des ferronneries, l’énigme des visages sculptés dans le bois, la pierre, la céramique…, les motifs des mosaïques…, les lignes du béton …

Ce sont les rythmes, cette musique qu’offre l’architecture en se jouant des pleins et des vides, les jardins en harmonisant formes, espèces et couleurs… C’est la couleur du pan de bois, de la mosaïque, des statues… le pourpre du schiste local, la transparence du verre… ; la  présence de nos monuments.

Le patrimoine offre tout cela, plaisir des yeux, ancrage, passage de témoins, souvenir,  courroie de transmission, source d’inspiration et  de métiers…

Le patrimoine, pilier du tourisme

Le tourisme, et le tourisme urbain par évidence, se situent au carrefour d’enjeux essentiels pour l’attractivité et la qualité de vie de notre territoire : développement économique dans les secteurs de l’hébergement et la restauration, mobilités locales, nationales et internationales, culture dont le patrimoine mais aussi l’art contemporain, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, le développement durable aussi.

Le patrimoine y tient une place majeure ; on le mesure d’autant plus à l’aune du « déconfinement » ; il est intéressant de noter que la Commission Européenne s’est appuyée sur quatre critères à savoir l’accessibilité, la connectivité, le développement responsable et le patrimoine culturel pour reconnaître Lyon et Helsinki comme capitales européennes du  « tourisme intelligent » ( smart tourism), sachant que l’OCDE a revu le concept des « villes intelligentes » (smart cities), en portant l’accent sur le bien-être qu’elles apportent et sur le fait qu’elles s’adressent à tous (Lire l’article Smart tourism : quel sera le tourisme de demain?).

Le tourisme ne doit pas se résumer à n’être qu’une « industrie d’assemblages ». Le meilleur ambassadeur reste l’habitant : pour ce faire, il faut qu’il soit fier de sa ville, ce qui suppose un patrimoine entretenu et mis en valeur, « reconnu et partagé pour une identité régionale affirmée », une ville où propreté et sûreté sont une réalité. 

Aujourd’hui pourtant, il n’est pas rare d’entendre, que le patrimoine n’a plus guère d’intérêt, comme si nous étions incapables de conjuguer les mondes passé, présent et à venir.

« Pourquoi tenir tant au passé ?… Car nous savons mal pourquoi nous tenons à notre passé, mais nous savons bien que nous y tenons et que toutes les nations tiennent aujourd’hui au leur, non pas lorsqu’elles y sont encore enrobées – elles aspirent alors à le détruire – mais lorsqu’elles se réclament passionnément de l’avenir… Dans notre civilisation l’avenir ne s’oppose pas au passé, il le ressuscite » – André Malraux.  (Source : Présentation du projet de loi complétant la législation sur la protection du patrimoine historique et esthétique de la France et tendant à faciliter la restauration)

Poétique de la ville, adversaire de la mort, expression des savoir-faire de ceux qui l’entretiennent et le restaurent, le patrimoine, outre sa capacité à fédérer, nous offre ces marqueurs du temps qui font la ville et qui participent à notre identité.

C’est pourquoi, on ne peut pas prendre à la légère ces édifices symboles que sont les tours des Portes Mordelaises, l’ancien Palais du Commerce – La Poste …, mais les valoriser, comme le propose notre projet « Mille et une Vilaine » dans sa prise en compte de « 7 bâtiments historiques et emblématiques ».

Le patrimoine rennais, entendu au travers d’une approche ouverte et large, mérite l’organisation de ses Assises avec une large participation de la société civile, des habitants, comme « Révéler Rennes » le présente, aux côtés d’autres mesures, dans le volet Patriomine de notre programme.

La préservation du patrimoine rennais fait partie de l’identité que nous souhaitons affirmer pour Rennes, son positionnement régional et sa dimension culturelle.