Le point de départ du projet “Mille et une Vilaine”, c’est une double demande des Rennaises et des Rennais : la conservation d’un parking dépose minute (1) et la valorisation du fleuve (2).

1. Le parking Vilaine, un équipement utile :

Cet équipement joue un rôle de dépose minute essentiel pour des activités économiques, sociales et administratives (commerces, professions libérales, professions de santé). Il sert aux Rennaises et aux Rennais, comme aux habitants de la métropole ainsi qu’aux visiteurs de tout le département.

Par ailleurs, ce parking est le plus rentable du parc Citédia avec 1.4 M€ de recettes annuelles.

2. La valorisation de la Vilaine, une demande forte :

Les Rennaises et les Rennais nous l’ont répété : ils souhaitent que la ville se réconcilie avec sa géographie naturelle. Ils demandent à se réapproprier la Vilaine.

Au-delà des débats, nécessaires mais techniques, sur le futur du parking ou la sécurité sous les arcades de République, nous avons voulu prendre de la hauteur et nous intéresser à la Vilaine dans sa partie la plus centrale, au cœur du centre historique.

De la place de Bretagne (à l’ouest) au début des avenues Aristide Briand et Sergent Maginot (à l’Est), la Vilaine au coeur de ville c’est 1 kilomètre d’histoire de Rennes :

  • 1001 mètres de fleuve
  • 1001 mètres d’intervention humaine (fleuve canalisé à 100% et couvert à plus de 50%)
  • 1001 mètres de frontière entre le Nord et le Sud de la Ville
  • 1001 mètres d’axe Est en Ouest
  • 1001 mètres de flux et 1001 manières de se déplacer
  • 1001 mètres de coeur de Métropole à faire vivre
  • 1001 usages à repenser ou à imaginer
  • et sur 50 mètres de large, c’est un espace de plus de 5 hectares à rendre aux Rennaises et aux Rennais.

Notre méthode :

Notre but n’est pas de présenter un projet figé, déjà décidé. Nous voulons Révéler la Vilaine, en montrant son potentiel inexploité.

Nous voulons réintroduire l’audace au-delà de la technicité.

Nous proposons donc des intentions pour ouvrir le débat et montrer le champ des possibles sur la base d’un travail de fond et d’hypothèses étayées.

Nous avons pris le parti du plan et de l’image pour mieux expliquer notre projet, mais il ne s’agit que d’intentions qui devront nécessairement faire l’objet de réflexions techniques et, avant tout, d’un débat citoyen.

Les lignes directrices de notre projet :

  • Au nord, une vélo rue.
  • Au sud, un axe est ouest de transport collectifs efficaces.
  • Des flux apaisés qui font la part belle aux déplacements doux et aux transports en commun, sans pour autant bannir la voiture.
  • Un fleuve rendu visible et aimable.
  • Une réconciliation du Nord et du Sud de la Ville et l’affirmation de la vocation commerçante de cet axe.
  • L’accompagnement des évolutions et la mutation de 7 bâtiments historiques et emblématiques.
  • Dynamiser un axe Est-Ouest autour d’une dimension ludique, de la nature et de déambulations diverses.

D’Ouest en Est, une histoire à raconter…

Le parking Vilaine

Pour assurer une continuité avec le Mail François Mitterrand et le Quai de la Prévalaye, nous souhaitons restructurer le nœud situé au-dessus de la Vilaine au nord de la place de Bretagne (Pont de Bretagne et Pont de la Mission). Nous y redonnons de la place aux piétons et aux modes de déplacement doux ; nous déplaçons et magnifions la fontaine.

Les 250 places du parking Vilaine sont conservées et le parking fait l’objet d’une requalification. L’intervention est qualitative, mais réversible et maîtrisée budgétairement : au terme du mandat, le futur du parking Vilaine sera de nouveau questionné, en fonction de l’évolution des modes de déplacement et des usages.

Le parking automobile, dont les entrées-sorties se font par l’Ouest, conserve ses places dont une partie sera dédiée aux véhicules électriques rechargeables. Le parking est séquencé et traversé par 3 coupures végétalisées ; celles-ci permettent aux piétons de relier agréablement et en sécurité quais nord et sud, dans l’axe des rues perpendiculaires. Les places supprimées pour ces traversées sont recréées sur les entrées/sorties supprimées et à l’est sur l’espace libéré par le kiosque et les arrêts de bus supprimés (après la mise en service de la 2nde ligne de métro).

A l’Ouest du parking nous installons, à côté de la fontaine mise en valeur, un grand parking vélo sécurisé de 200 places dont une partie des emplacements prévue pour les vélos cargo.

Un écran végétal cache l’extrémité Est du parking assurant une 4ème perpendiculaire naturelle à la Vilaine. Au sud, le quai accueille la ligne C de transports en commun structurant (Bus à Haut Niveau de Service, BHNS).

Au nord c’est une vélo-rue qui prend place sur le Quai Duguay Trouin. Entre les arbres en pot existants, la végétalisation est renforcée.

 

Une vélo-rue est un chemin public, ou une partie de celui-ci, sur lequel certaines règles de circulation sont modifiées pour favoriser la circulation des cyclistes et assurer leur sécurité.

République

Sur la place de la République, actuellement limite sud du centre ancien, l’enjeu est de recréer une véritable place, un lieu de vie, de réaffirmer sa centralité à l’échelle de la ville. La place est agrandie à l’Ouest et à l’Est en intégrant la voirie aujourd’hui dédiée au bus et au sud, en intégrant la portion de la rue du Pré-Botté située au sud du Palais du Commerce.

Les kiosques pourraient être remplacés par des ombrières ou des halles légères et multi-usages permettant notamment d’accueillir des services : point info touristes, vente de billets de spectacles, une halle aux plantes, des bouquinistes ou des commerces forains (food trucks, évènementiel…).

Le projet du Palais du Commerce, réévalué, fait l’objet d’une concertation avec son propriétaire en lien avec les habitants et les commerçants. Nous proposons d’y implanter, par exemple, une antenne de la police municipale et la Maison du vélo.

Le Palais du commerce conserve sa vocation commerciale, mais il devient un élément central au coeur d’un espace public majeur. Son caractère traversant est renforcé et nous serons attentifs à ce que le projet de reconversion porte une attention particulière à la façade sud sur la Rue du Pré Botté pour mieux accompagner le flux commercial historique Nord-Sud du centre-ville.

Cette place, en écho à la Vilaine qu’elle recouvre, doit faire la part belle à l’eau sous toutes ses formes : fontaines et bassins. En faisant jaillir l’eau sur son tracé, nous remettons en scène la Vilaine.

Les espaces laissés libres accueillent ainsi eau et végétation, notamment à l’est. L’espace aujourd’hui dédié aux bus à l’est du Palais du Commerce intègre cette 5ème perpendiculaire végétale, qui s’étire du Parlement de Bretagne jusqu’à la rue d’Isly.

Sur le tracé des quais, la ligne C (BHNS) circule au Sud et s’interconnecte avec le Métro République. Au nord, c’est la vélo-rue qui poursuit son chemin.

Musée des Beaux Arts

Sur les quais Emile Zola et Chateaubriand, lorsque la Vilaine se découvre, la promenade se rapproche du fleuve, par un jeu de passerelles légères (hautes et basses) offrant aux piétons une déambulation douce et une nouvelle perspective sur l’eau. Des murs d’eau peuvent être imaginés.

Le BHNS (qui s’interconnecte avec la ligne B du métro via la passerelle Saint-Germain) et la vélo-rue se poursuivent.

Un nouveau corridor végétal est renforcé, entre les Églises Saint-Germain et Toussaint, des passerelles piétonnes permettant la traversée douce au plus près de l’eau sont aménagées.

Nous proposons ensuite de créer un jardin urbain entouré par des bâtiments patrimoniaux, porte d’entrée du centre-ville à l’est et avec un grand nombre d’arbres de pleine terre.

Une descente en gradins prolongée d’une scène en plein air à fleur d’eau pourrait être imaginée. En surface, des œuvres d’art pourront être mises à l’honneur, symbolisant la rencontre entre les 3 bâtiments patrimoniaux : le Palais Saint Georges, l’Hôtel Pasteur et le Musée des Beaux-Arts.

En arrivant pont Pasteur, c’est ce nouvel espace public qui apparaît : le square Joseph Loth, à l’angle de l’avenue Janvier devient le parvis d’entrée du Musée des Beaux-Arts, lequel sera, dans le cadre de sa rénovation, doté d’un café et d’une boutique. Donner au musée des Beaux Arts un véritable parvis permettra de le rendre plus visible et donc de mettre, enfin, en valeur cet équipement aujourd’hui trop confidentiel.

Ce nouveau parvis se prolonge vers le Nord, par l’élargissement du pont Pasteur qui devient ainsi une véritable place, invitant à la promenade jusqu’au Jardin et le Palais Saint Georges au Nord, et le long des quais vers l’Est.

Une descente en gradins prolongée d’une scène en plein air à fleur d’eau pourrait être imaginée. En surface, des œuvres d’art pourront être mises à l’honneur, symbolisant la rencontre entre les 3 bâtiments patrimoniaux : le Palais Saint Georges, l’Hôtel Pasteur et le Musée des Beaux-Arts.

Le parking Kléber est agrandi par surélévation et, telle une colline, accueille sur ses flancs et à son sommet  un jardin accessible et de nouvelles activités.

En poursuivant leur promenade vers l’Est, les piétons pourront emprunter de nouveau des passerelles offrant différents points de vue et permettant de rejoindre en douceur l’Allée Marc Elder, la promenade des Bonnets Rouges puis les « Plages de Baud ». Des passerelles en surplomb (encorbellements) permettent aux promeneurs de rejoindre les rives de la Vilaine et la plaine de Baud.

Le projet Mille et une Vilaine rend la Vilaine aux Rennais.

Il enchante le présent et n’insulte pas l’avenir.

Quelques précisions…

Les 7 bâtiments emblèmes à questionner :

Une opportunité unique de s’interroger sur le devenir de bâtiments structurants :

  • Portes Mordelaises (vide)
  • Hôtel d’Artillerie (vide)
  • Chapelle Saint Yves (à réaffecter)
  • Palais du Commerce (réaffectation en cours d’étude)
  • Musée des Beaux-Arts (à rénover)
  • Palais Saint Georges (réaffectation en cours d’étude)
  • Fac Pasteur (réaffectation partielle en cours)

CALENDRIER ET METHODE

  • Lancement du projet dès le 1er semestre 2020.
  • Pragmatisme technique et financier : phasage.
  • Horizon temporel : mandat
  • Budget : entre 30 et 40 M€ (hors BHNS budgété ailleurs)
  • Méthode : Roazhon Pacte

Le stationnement

Nombre de places maintenu avec :

  • Parking Vilaine : 252 places
  • Parking Kléber : 383 places
  • Extension parking Kléber : +/- 120 places (compensation des places supprimées quais nord et devant l’Eglise Toussaint)

 

Les flux des transports en commun :

  • Interconnexion des 3 transports structurants .
  • Ligne A Métro
  • Ligne B Métro
  • Ligne C BHNS Est-Ouest
  • La rive sud de la Vilaine est dédiée au BHNS avec fermeture des carrefours à feux par détection à l’avancement. Pas de vélos en rive sud.

 

Les flux vélos :

  • Création d’une véritable vélo-rue sur les quais nord
  • Une piste bidirectionnelle de 3 ou 4 mètres permet le passage des vélos cargos et de livraison, la desserte des riverains et le passage des véhicules de livraison et d’intervention (notamment la défense incendie).
  • La circulation se fait en « tête-bêche » évitant les flux de transit.
  • La piste cyclable est dessinée au centre et les vélos sont prioritaires.
  • Traitement des carrefours par feux différenciés temporisés.

 

Les flux piétons :

Ils s’effectuent par le quai nord principalement avec des zones de variation des largeurs (encorbellements) et des hauteurs.

Les trottoirs sont bien entendu conservés sur les quais sud.

 

Les flux véhicules :

Parking Vilaine :

  • entrée Quais Sud-Ouest
  • sortie Quais Nord-Ouest

Accès stationnement : garages et portes cochères de la Place Pasteur à Pont de la Mission

Déviation des flux automobiles :

  • Est-Ouest par le boulevard de la Liberté
  • A l’Est : place Pasteur/avenue Janvier (variante à étudier bd Laënnec / rue Dupont des Loges)

 

L’eau : 

Cascades et fontaines, jets d’eau (comme à Genève ou au Parc André Citroën à Paris), variation des distances et points de vue par jeux de passerelles et plages en bois plus ou moins hautes.

Des bateaux de loisir permettent aux Rennaises et aux Rennais de se réapproprier la Vilaine.

 

La végétation :

Continuité Est-Ouest via le centre-ville. Les quais sont désimperméabilisés et plantés dès que c’est possible. Etude pour végétaliser ponctuellement le bas des quais par des végétaux permanents supportant la montée des eaux (suppression des jardins flottants).

Arbres d’alignement en quai nord.

La végétation s’infiltre à partir de la Vilaine en perpendiculaires. Liaison végétale vers les places.

8 corridors de biodiversité sur 1001 mètres.