Notre vision

Comment rester une ville accueillante, dynamique et solidaire sans favoriser l’étalement urbain, en protégeant nos espaces agricoles et naturels (ceinture verte) et sans détruire notre patrimoine? Telle est l’équation complexe que doit résoudre notre stratégie en matière d’urbanisme. 

La ville de Rennes a renoué avec la croissance démographique depuis les années 2008. Cette croissance témoigne de son attractivité comme de celle de toute la métropole rennaise, accélérée depuis 2017 par l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui place Rennes à 1h25 de Paris. D’après l’INSEE et le réseau des agences d’urbanisme de Bretagne, cette croissance se poursuivra quels que soient les scénarios envisagés. En 2040, la métropole pourrait avoir gagné selon le scénario de base près de 100 000 habitants de plus. La question primordiale est donc celle de sa répartition dans le territoire et de la part qu’en accueillera la ville de Rennes.

Depuis quelques années, la ville est la commune de la métropole à avoir la croissance la plus importante en nombre absolu. Elle a littéralement vu exploser sa production de logements. Alors que le PLH prévoyait 1200 logements par an pour la seule ville de Rennes entre 2015 et 2017, et ensuite 1500 entre 2018 et 2020, cette production a atteint 1470 logements en 2015, 1713 en 2016, 2522 en 2017, 2844 en 2018 et enfin en première estimation près de 2500 en 2019 !

Cette création massive de logements s’est traduite par un véritable bouleversement de la vie des quartiers et a suscité de nombreuses incompréhensions et parfois même un rejet fort de la part des riverains. Les Rennais sont conscients de la nécessité de densifier la ville, ils n’expriment pas un refus d’accueillir de nouvelles populations mais ils critiquent les conditions dans lesquelles cette densification est mise en oeuvre, en termes d’insertion urbaine, d’absence de création ou de renforcement des services de proximité, de construction de tours et d’immeubles de grande hauteur, et de destruction d’éléments du patrimoine architectural de la ville.

Cette création de logements s’est également inscrite en décalage par rapport aux objectifs du SCOT qui prônent, lui, un rééquilibrage au profit des villes moyennes de la métropole et du coeur de métropole. Ce rééquilibrage visait à éviter que la ville centre ne devienne le seul lieu de concentration des populations et des services entraînant par là même des flux obligés de déplacements sur la rocade et dans la ville, avec, en suites logiques, congestions, pollutions et nuisances.

Enfin, cette production, défendue par l’équipe sortante PS et favorisée par le PLU en cours, devait in fine peser sur les prix et limiter les risques d’inflation immobilière. Il n’en a rien été comme le confirment les notaires et les études de OREAL, puisque Rennes est désormais la 6ème ville la plus chère de France. 

Face à cette situation il est important de revenir aux objectifs quantitatifs et qualitatifs tant du PLH que du SCoT. Il est primordial de retravailler les questions de densification et d’insertion urbaine dans les quartiers de la ville pour que ce développement se fasse en harmonie avec l’existant et que les populations en place ne le vivent pas comme une agression et soient bien associées à la définition des projets urbains concernant leur environnement. 

Par ailleurs, il faut intégrer des objectifs de développement durable dans les nouvelles constructions, en augmentant significativement la part des matériaux bio-sourcés et la place du végétal. L’habitat participatif, l’habitat partagé, le béguinage doivent aussi trouver leur place dans les nouveaux programmes. Sur les 11 projets d’habitat participatif existants à Rennes, 1 seul a été lancé sous le mandat qui s’achève (programme Poitou Saumurois)

Enfin, la réflexion doit être impérativement portée à l’échelle métropolitaine, dans une logique de rééquilibrage entre la ville centre et ses couronnes. Le renforcement de “centres de gravité” hors rocade, c’est-à-dire le développement de villes moyennes en capacité d’accueillir emplois et logements est la clé pour éviter la surchauffe : le bien-être des Rennais repose sur la réussite de l’ensemble de notre métropole, à commencer par nos couronnes. 

Nos propositions

Instaurer un moratoire sur la construction de tours et veiller à ce que les nouvelles constructions s’intègrent harmonieusement dans l’existant.
Anticiper l’implantation de services, commerces et équipements dans le cadre de toute construction de logements collectifs.
Mieux partager l’effort d’accueil et de densification à l’échelle de la métropole, en encourageant le développement de zones d’activités économiques hors de la rocade.
Végétaliser la ville car la nature ne doit pas se concentrer uniquement dans les grands parcs urbains. Nous ne voulons plus de places intégralement bétonnées. La ville de Rennes est, certes, la 5eme en France pour le poids de ces espaces verts. Pourtant, en dehors des grands parcs urbains comme ceux des Prairies Saint Martin, du Thabor, de la plaine de Baud, Rennes reste une ville très minérale.
Inclure les habitants dans une logique de concertation sur le devenir des grands édifices patrimoniaux comme le Palais St Georges, l’Hôtel Dieu, l’Hôtel Pasteur ou encore le Palais du commerce, cœur de notre ville. Nous évaluerons la possibilité d’y installer notamment, le bureau central de la police municipale.
Donner la priorité à l’aménagement et à la requalification urbaine et économique du site de l’Hôpital Sud, compatible avec son environnement et créatrice d’activités et d’emplois pour ce Quartier Politique de la Ville.
Développer l’éco-construction et intégrer dans les programmes des critères liés à l’utilisation de biomatériaux. Le béton nécessite une consommation élevée en ressources naturelles, comme le sable et les graviers, qui ne sont pas illimitées dans le territoire et dont la production est énergivore.
Faire de la place aux projets d’habitat innovants comme l’habitat participatif (aucun projet lancé sous la mandature précédente) en réservant dans les ZAC des lots pour de petits promoteurs, des coopératives ou des projets d’autopromotion.
Préserver notre patrimoine bâti, trop souvent sacrifié au tout construction, ces dernières années (tout notre programme patrimoine ici).