Priorités pour la relance économique et pour l’emploi

11 juin 2020 Campagne, Candidate, Programme

Parce que c’est la priorité des Rennaises et des Rennais en cette période où nous sortons d’une crise sanitaire pour entrer dans une grave crise économique et sociale.

Nous ne sacrifierons pas la question environnementale, il faut en faire au contraire une opportunité et la conjuguer avec l’enjeu économique et social. Nos mesures en faveur de l’écologie seront d’ailleurs présentées la semaine prochaine.

Ce programme de relance économique tient en 3 piliers :

1/ Le plan SOS Commerce
2/ Les mesures pour l’emploi
3/ La stratégie de relance économique métropolitaine

1/ Plan SOS commerce

Nous nous sommes récemment exprimés sur les aménagements cyclables du centre-ville réalisés sans concertation, sans vision et nous avons souligné leur temporalité catastrophique pour le commerce. Pour aider les restaurateurs et les commerçants, nous proposons:

  • La gratuité des transports publics le samedi jusqu’à la fin de l’année
  • Un partenariat fort et constant avec les associations et syndicats de commerçants comme le Carré Rennais, l’Union du Commerce mais aussi les associations de commerçants de quartier. Ce n’est pas parce que l’équipe ne compte aucun commerçant ou presque, qu’il faut maltraiter le commerce.
  • Le développement d’une plateforme de e-commerce pour les commerçants rennais
  • La remise à plat du plan de circulation et de stationnement, avec le déploiement de places “dépose-minute” et de livraison
  • Le maintien du parking Vilaine et l’agrandissement du parking Kléber (comme notre projet 1001 Vilaine le prévoie)
  • L’ouverture d’une réflexion avec les commerçants et les usagers sur la création de nouveaux marchés de plein air
  • La mise en place d’un plan de rénovation des centres commerciaux de quartier
  • Favoriser la reprise de pas de porte commerciaux, en partenariat avec les chambres consulaires.

Certes des terrasses ont rouvert, mais avez-vous aussi remarqué ces rideaux qui restent baissés ? Ce sont potentiellement des commerces qui ne rouvriront pas. Il faut une veille active, pour ne pas laisser le centre-ville se vider, comme de trop nombreux centre-ville. Il est possible d’imaginer une foncière transitoire.

2/ Emploi: des mesures d’urgence s’imposent

Lors du premier tour, nous étions les seuls à parler d’emploi, à souligner les profondes inégalités dans les quartiers où le taux de chômage varie du simple au double. Pour nous cela n’a jamais été un sujet tabou, c’est un même un enjeu de paix sociale et de sécurité, car le chômage des jeunes dans les quartiers populaires nourrit la délinquance.

C’est un combat essentiel qu’il faut mener !

D’autant plus qu’il faut s’attendre à 1 à 2 millions de chômeurs supplémentaires en France. Dans la métropole, ce sont des emplois détruits par milliers qu’il va falloir recréer, un par un.

Des mesures d’urgence pour l’emploi s’imposent donc.

• Lancement de nouveaux « grands chantiers » (sortie du métro de la rocade, bords de vilaine, rénovation des écoles et équipements de

quartiers,…). Le secteur du BTP est pourvoyeur d’emploi et nous pensons que la commande publique est un levier important de la relance. Nous déplorons d’ailleurs la mise à l’arrêt total des chantiers de plein air et l’interruption de l’instruction des permis de construire pendant le confinement, alors qu’une continuité du service aurait été possible via le télétravail, comme cela s’est fait dans d’autres villes.

• La rénovation thermique du bâti collectif doit être accélérée et systématisée. Cela ne peut plus se faire sur la seule base du volontariat des propriétaires individuels. Il faut faire des plans systématiques par micro-quartiers, à l’image de l’initiative réussie dans la résidence la Chesnaye au Blosne.

  • Accélérer la réflexion sur le devenir de l’hôpital Sud. Pour nous, ce site peut et doit accueillir des activités porteuses d’emploi qu’ils soient associatifs (Fabrique des Solidarités), dans l’ESS ou dans l’entreprenariat (pépinière d’entreprises du secteur médico-social, maison de santé). En tout état de cause, pour réaliser une reconversion réussie, il faut co- construire le projet avec les habitants et la concertation doit commencer dès maintenant !
  • Soutenir l’ouverture à Rennes d’une École de la deuxième chance pour les jeunes adultes motivés, sans qualification et sans diplôme. Suivant la pédagogie proposée par la charte du réseau des écoles de la deuxième chance, cette école viserait à offrir à des jeunes de moins de 26 ans sortis du système scolaire un parcours personnalisé allant de 4 mois à 2 ans. Cela fonctionne, il faut agir.
  • Soutenir l’artisanat et les TPE-PME au coeur des quartiers populaires, en mettant en place des points d’accueil et de services pour accompagner la création et le développement de l’entreprenariat. Une entraide informelle existe déjà entre les professionnels de ces quartiers, je pense au Blosne particulièrement, il faut les aider à se mutualiser et à se professionnaliser.

3/ Une stratégie de développement économique métropolitaine

Pour amortir les effets de la crise dans la durée, il est urgent de lancer enfin une véritable stratégie de développement économique à l’échelle de la métropole.

En lien avec notre vision d’un nécessaire rééquilibrage territorial entre la ville centre et ses couronnes, nous défendons l’idée d’une stratégie économique tournée vers 1/ le soutien aux entreprises des secteurs traditionnels (agroalimentaire, bâtiment, automobile), 2/ le soutien à l’artisanat et 3/ l’investissement dans les filières d’avenir, notamment le numérique.

Concrètement, il faut être offensif et aller chercher les entreprises pour les encourager à s’implanter dans la métropole.

  • Définir un dispositif d’accueil “clés en main” pour les entreprises, notamment celles qui sont à Paris mais aussi celles que nous pouvons attirer à l’international (avances remboursable, foncier, suivi de conjoint, places en crèche, etc.)
  • Plan de développement de l’industrie numérique :Plutôt que s’éparpiller sur tous les secteurs (l’équipe socialiste sortante nous parle tantôt d’investir dans les nouvelles mobilités, tantôt dans l’éco-construction, tantôt dans l’audiovisuel), il faut en priorité consolider notre avance dans des secteurs stratégiques où nous notre excellence est reconnue : la cybersécurité, l’intelligence artificielle, le jeu vidéo. Or, le signal sur ces sujets dans le programme des sortants c’est une méfiance vis-à-vis de la 5G ! A Nantes, EELV a même imposé un moratoire. Nous voulons au contraire accompagner et investir dans ces filières porteuses d’avenir.
  • Notre programme prévoit aussi d’engager une étude sur les besoins immobiliers des entreprises du numérique en vue de leur trouver un bâtiment Totem (nouveau ou existant) pouvant accueillir plusieurs dizaines de start-ups (contre 8 seulement à la French Tech aujourd’hui) afin de rivaliser avec ceux de Lille, Lyon ou Nantes.
  • Lancer un programme ambitieux d’infrastructure de monitoring urbain, basé sur les technologies de la smart city, pour une gestion optimisée des ressources (eau, électricité, chauffage, arrosage…) et apporter de nouveaux services aux usagers grâce aux objets connectés. C’est un triple enjeu d’efficience énergétique, de qualité de services et des débouchés pour les start-ups locales. Mettons en oeuvre la devise “Vivre en intelligence” !En conclusion, la liste EELV-PS envisage de redistribuer, et c’est bien, mais nous savons qu’il ne peut y avoir de redistribution sans croissance. Nous constatons les effets d’une décroissance subite et subie aujourd’hui.Pour nous, ce n’est sûrement pas le moment de renoncer à investir. C’est même la responsabilité des collectivités que d’être un investisseur “contra- cyclique” (c’est à dire investir moins quand l’économie tourne bien, investir plus quand l’économie va mal).Dans cette période où les taux d’intérêt demeurent faibles, c’est le moment d’emprunter pour financer des investissements locaux d’avenir.