« Voyons plutôt dans cette crise une opportunité unique de réinventer notre modèle de société »

14 avril 2020 Candidate

Au lendemain de l’annonce par le Président de la République de la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai, je veux d’abord exprimer ma solidarité envers les mal-logés, envers les familles qui vivent dans la promiscuité, parfois dans des quartiers sous tension, envers les personnes seules, envers les victimes de violences ainsi qu’envers nos aînés, nombreux à souffrir de l’isolement. Pour elles, pour eux, plus encore que pour d’autres, les semaines à venir seront longues.

Le Président l’a lui-même reconnu, cette pandémie a révélé des « failles » dont quelques-uns font hélas une utilisation politicienne.

Voyons plutôt dans cette crise une opportunité unique de réinventer notre modèle de société.. Nos façons de produire, consommer, travailler, nous former, nous déplacer, nous loger peuvent et doivent évoluer. Nous devons retrouver le goût du temps long.

Restaurer notre souveraineté, alimentaire, industrielle et sanitaire notamment, valoriser les professions de santé et celles essentielles à notre quotidien, investir massivement dans la recherche, accélérer la résilience environnementale de nos territoires, réparer les injustices : autant de chantiers qu’il nous faudra mener au niveau européen, national et local. L’ère post-Covid 19 verra le renforcement du rôle de l’État et des collectivités, qui, plus que jamais, doivent apaiser, amortir, accompagner les mutations du monde.

Le 23 mai, un rapport sera rendu, qui guidera le choix concernant la tenue des élections municipales. Sans préjuger de son contenu, la tenue du second tour en juin me semble compromise.

L’heure, dans cette guerre contre un virus inconnu, est au combat. Combat en restant chez soi, combat en restant unis face à l’adversité, combat en faisant bloc. Nous devons tant à nos soignants et à tous les soldats des « différentes lignes »: montrons-nous collectivement à la hauteur de leur courage et de leur abnégation.

L’heure est donc d’abord et avant tout à la mobilisation de toutes et tous pour gagner la bataille contre la propagation de la maladie mais aussi pour maintenir et consolider les liens de solidarité qui font la grandeur d’une nation, d’une ville.

Cette crise met cruellement en lumière les fractures qui traversent notre société. Hier, le Président a évoqué l’aide aux plus précaires et aux plus démunis, notamment les étudiants et les familles les plus modestes. Son appel à une annulation de la dette de nos voisins africains est un appel à la solidarité et à la fraternité internationale.

Alors, demain comme hier, soyons tous au rendez-vous de cette fraternité. Sachons ne pas nous dissoudre dans des oppositions stériles. Sachons nous réinventer pour retrouver ensemble, en France, en Bretagne, à Rennes, « les jours heureux ».

Carole Gandon, le 14 avril 2020.